Que sont-ils devenus ?

Ou la deuxième chance
Les anciens élèves de l'école de la deuxième chance de Seine-Saint-Denis ont en partage d'avoir quitté le collège ou le lycée trop tôt.

Pour la société civile ce sont des "décrocheurs".

Ils étaient loin d'imaginer à l'époque l'errance à laquelle les vouerait cette décision inconsidérée, souvent prise à la va-vite.

Certains évoquent l'ennui, la désorientation, la violence scolaire, le besoin "de faire de l'argent facile", les problèmes linguistiques ou familiaux, autant de raisons par lesquelles ils tentent de comprendre leur geste.

Puis ils se décrivent loin des bancs de l'école, traînant aux abords de "la cité", se livrant pour certains d'entre eux à divers trafics et vivant dans l'angoisse de la perquisition, de la honte qui menace de s'abattre à chaque instant sur leur famille. Les filles parlent de l'ennui, des longues heures passées à la maison à ne rien faire, à attendre que les copines sortent de l'école en se faisant toute petites dans leur chambre, pour échapper au regard culpabilisant d'un père, d'une mère, d'un frère.

Mais vient le temps du réveil, un évènement qui provoque quelque chose comme un déclic, une envie de renaître au monde et d'échapper à la marge...

Pourtant le retour vers le monde demande de l'énergie, il faut se remobiliser, accepter un nouveau cadre, se lever tôt, reprendre ses cours...

Pour chacun d'eux, l'école de la deuxième chance de Seine-Saint-Denis a joué un rôle majeur dans la voie de l'insertion. Chacun s'en est emparé à sa façon, pour certains l'essentiel résidait dans la remise à niveau, pour d'autres ce fut les stages effectués en entreprise, pour d'autres encore l'école "est avant tout un cadre"...